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Quand je serai SDF

Lundi 12 octobre 2009
- Publié dans : Quand je serai SDF - Communauté : FRONT DE LIBERATION DU YOUKI

Je sors de ma léthargie internetique et en même temps de mes gonds.

J’ai du apprendre par la télé française que chez moi, à Bruxelles, il y a eu l’élection de Miss SDF ce samedi. La vieille qui a gagné est moche, elle a été déclarée pourtant la plus belle, j’ai donc du mal à imaginer les autres candidates.

D’après la méthode de travail de ce concours, édictée avant les présélections par une autre vieille, le souhait de concourir devait émaner de la femme sans-abri même. Ben, ouais, en Belgique les SDF n’utilisent pas les journaux que pour se couvrir, ils les lisent, se tiennent informer, participent aux mots fléchés et s’inscrivent à des concours, comme tout le Monde débile d’aujourd’hui.

Toujours d’après cette méthode de travail, le nombre de candidates au départ sera de 16, puis de 11. Nul ne sait très bien combien il y a de Sans-Abriteuses à Bruxelles, on estime à quelques 2000 les mâles, femelles et enfants n’ayant pas de toit dans la Capitale de l’Europe, Siège de l’Otan et Quartier Général de sa Sainteté Tom Cruise, Ambassadeur à vie des Scientologue, mais on sait par contre que pour Miss Belgique, elles sont 20 au départ. Le nombre de 11 est donc clairement un signe que les femmes SDF sont moins nombreuses que celles qui vivent sous un toit et qui doivent en nettoyer les chambres, les fenêtres, la vaisselle et lustrer les sols. Les mauvaises langues disent aussi que la vieille qui organisa tout ça ne sait pas compter au delà de 16, car elle utiliserait toujours ses doigts et ses orteils, et qu’en utilisant son index droit pour compter, elle oublie totalement les autres doigts de sa main droite. Le fait que le nombre passa à 11 vient de la difficulté de compter les orteils quand elle a des grosses chaussettes canadiennes, alors elle compte ses dix doigts, sans oublier l'index droit.

Une autre condition pour participer était que la Belle parmi les Moches Sans-Abri souhaite explicitement renoncer à la vie dans la rue et s’engage à développer une vie sociale. Je suppose donc qu’on lui a fait signer un contrat dans ce sens et, comme elle gagne un an de vie sous un toit, si elle ne le respecte pas elle sera jetée dans la rue.

La fille de la vieille qui organisa le truc collabora aussi au machin, elle déclara : « Ils reçoivent la chance de se reprendre en main ».

C’est vrai quoi, les SDF ne sont que des mendiants ne sachant pas du tout se prendre en main, juste bon pour la tendre.

Melle Duportail, c’est le nom de la pouf, a réussi malgré tout une chose, sortir de la face cachée de la Vie la Moche Thérese, ça c’est le nom de la gagnante.

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Jeudi 24 avril 2008
- Publié dans : Quand je serai SDF - Communauté : FRONT DE LIBERATION DU YOUKI

La suite de « Quand je serai SDF »

Une suite pleine de petits liens, à suivre, si vous le voulez 

Je suis saisi de stupeur, quand je vois à la télé Le Tas (clic), dans un reportage du JT. On est le 20 avril, près d’un mois après le début du printemps et lui et d’autres n’avaient pas encore entamé leur longue phase d’invisibilité printanière et estivale, bien au contraire, ils campaient devant un abri pour SDF. Ils dormaient dans des tentes de la marque du célèbre sport d’endurance, ironie ou volonté de montrer que le Sans-logisme est un sport d’endurance, je ne le saurais pas, car Mme Yoyo vient de changer de chaîne, elle ne veut pas rater le Grand Reporter Nagui et l’interview quotidienne qu’il fait d’aventuriers de toute sorte.

Le Tas est à Charleroi, faut que j’y aille pour voir si ce qu’il fait là est une préparation pour les prochains JO , dans ce cas n’ai-je pas aussi mes chances, vu l’entraînement que j’ai effectué en hiver ? Le sponsor sur les tentes était pour moi une preuve que quelque chose se préparait. J’avais déjà raté l’opération de colonisation des Sudéens (clic), je ne vais quand même pas rater une participation aux Jeux Olympiques, dans le seul sport d’endurance où j’ai certaines chances, l’invisibilité (clic) en position assise, voir même dans la position du lotus.

Le 25 avril, je suis Gare Centrale, lieu mythique du Sans-abrisme, je vais prendre le train pour la ville de Charleroi, terre de tous les défis. Pour mes amis Français, sachez que Charleroi est à la Belgique ce qu’est le Bronx ou Chicago des années de prohibition sont aux Etats-Unis. Charleroi ressemble en plus à une énorme zone industrielle, de type soviétique, avec un nuage gris permanent au-dessus de la ville. Les mafiosi, les truands, les Politiques véreux, les vendeurs de bois de contrebande(clic), la police débordée, tout ce beau petit monde fait tout pour garder cette chape de gris au-dessus de la ville qui tire son nom de Charles 5, que ses potes appelaient Charlequint, diminutif de Charles Le Quintal, surnom qu’il devait sans doute à une obésité génétique, dont souffre plusieurs monarques de part le Monde. Aujourd’hui, pour se distinguer des autres cités médiévales belges, elle rassemble la plus grande concentration de tentes habitées par des Tas, entraînement ultime pour les JO, sous la houlette d’une échevine des sports, très controversée, puisque la rumeur récente (23 avril), parle de conasse(clic), rien que ça.

Une petite heure plus tard, je suis déjà au centre de Charleroi, j’ai du mal à me mouvoir avec la combinaison et le masque à gaz que l’on m’a ordonné de porter à la sortie de la gare. Le taux de pollution de l’air a encore une fois dépassé les normes de Vladivostok et de Minsk réunis, j’ai pas l’air ridicule, tous les « touristes » doivent en porter, seuls l’indigène ne doit pas. Le responsable de l’immigration, à la gare, m’a expliqué que les habitants de Charleroi sont immunisés, puisqu’ils naissent avec des poumons goudronnés, qui filtrent bien mieux l’air vicié. Je ne sais pourquoi, je n’ai pas trop envie de m’attarder dans cette ville, mais je commence à comprendre pourquoi les athlètes SDF viennent s’entraîner ici, au vu des conditions extrêmes.

Je trouve enfin la maison d’accueil devant laquelle le rassemblement sportif a lieu, celle-ci porte le nom d’Ulysse, légère référence aux Grecs, fondateurs du muscle. Ulysse était aussi un des tous premiers Sans-logis, puisqu’il erra longtemps avant de récupérer ses papiers et de pouvoir rentrer chez lui, où l’attendait sa femme, ce qui prouve que c’est une légende.

De temps en temps je sirote, par un system ingénieux de tube, un liquide sucré que je porte dans le petit sac à dos que m’a fourni l’office du tourisme de la gare, c’est visiblement du coca avec un arrière goût de chips. Je ne serais pas étonné qu’un mafioso local rassemble tous les restes de frites et de coca McDonnéennes et en fait ce jus, seul remède contre une éventuelle infection, dixit le gars à la gare.

La plupart des tentes sont vides, j’arrive enfin à trouver quelqu’un, je lui dis :

-          « Gfou vavez vou un go avec ne borbe ? »

-          « Hein ? »

-          « Ché pô fachile de pôrler affec ce môsque »

-          « Dites donc, c’est vrai que vous parler bizarre, vous les Chtis »

-          « Naon, chui de Brousselle »

-          « Et puis, pourquoi que tu portes un masque mon gars, je pue tellement ? »

-          … ?

Visiblement, va falloir que je retire un instant mon masque à gaz, sinon je n’arriverai pas à me faire comprendre, je prends une dernière bouffée d’air filtré et je l’enlève.

-          « Bonjour, je vous demandais si vous n’aviez pas vu un gars avec une barbe ? »

-          « Ah ! Oui y en avait quelques uns avec des barbes, mais ils se sont rasés au foyer, en face »

-          « En fait, mon barbu à moi, vient de Bruxelles, sans doute avait-il un masque et une combinaison comme la mienne à son arrivée »

-          « Ah non, faut dire que je ne suis pas tout le temps ici, mais un gars habillé comme toi, j’en ai vu aucun »

C’est vrai aussi que je n’avais rencontré personne avec cet ensemble combinaison et masque, ça ne doit pas être la saison du touriste à Charleroi.

-          « A propos, que faites vous ici et où sont les autres ? »

-          « Certains vont faire la manche, d’autres travaillent, moi j’attends l’ouverture du foyer, j’espère décrocher une place »

Je me souviens à cet instant de ma mésaventure à Zaventem, je décide de ne pas parler directement des JO, je vais aborder d’une autre manière.

-          « Vous arrivez à tenir invisible longtemps par ici ? »

-          « Heu…ben si je rentre oui, on ne me verra plus ! »

C’est donc ça, l’invisibilité est en retard cette année, les SDF sont obligés de dormir dans des maisons et des lits comme tout le monde, en attendant que la magie opère. De toute façon, les JO sont pour le mois d’août, il y a encore du temps pour que ça vienne.

Je remets mon masque, je salue de la main mon interlocuteur, une bouffée d’air sous masque pfffff…, une rasade de la potion, on ne sait jamais, c’est vrai que c’est un peu pollué dehors.

Je traverse, je vais me renseigner directement chez Ulysse(clic). Je sonne, j’enlève à nouveau mon masque, un bonhomme vient ouvrir.

-          « Bonjour, je voudrais savoir quelles sont les formalités pour entrer »

-          « Ben, on tire des cartes, et suivant la couleur, tu rentres ou pas »

 

à suivre, certainement…


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Mardi 29 janvier 2008
- Publié dans : Quand je serai SDF - Communauté : La gazette des blogs
Nous regardions la télé, Mr Yoyo et moi, le journal de France 2 ce mardi soir. Incroyable, je montre à Mr Yoyo le gars à la télé qui teste pour nous le Sans-abrisme, il est dans le journal, à Paris cette fois, pendant 2 jours. Résultats c'est la même chose qu'à Bruxelles. La même déserrance, les mêmes situations, les mêmes Ministres. La Ministre Française, dit dans l'interview qui suit " ça existe, oui.... blablabla..... c'est  des pauvres .....blablabla ..... c'est parce qu'il n'y a pas assez de logements....". Ben, j'en reviens pas, je le dis à Mr Yoyo, il me répond : " Oh tu sais, c'est normal, les Bottins, ça répond toujours comme notre ancien voisin de palier, Mr La Palisse, par des conneries ". Il a raison, les Bottins ce sont des livres où la présentation des personnages dure vraiment trop longtemps, pour se terminer par une histoire qui ne ressemble à rien. Les Bottins c'est con comme romans, trop de personnages, pas assez de suspens.

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Lundi 14 janvier 2008
- Publié dans : Quand je serai SDF - Communauté : La gazette des blogs
... suite de "Quand je serai SDF"


-« C’est à cette heure-ci que tu rentres ! »

Cette par cette phrase type que ma femme, Madame Yoyo m’accueille. Faut dire que j’ai dus sonner à la porte, dans ma précipitation à tester le Sans-logisme, je suis sorti sans mes clés.

-« Il est tard, ma Yoyo, je sais, j’aurai dus t’appeler »

-« TARD ! Il est 11h et demi, je trouve pas que ce soit tard pour un lundi, tu pues, tu rentre 6 heures plus tôt que d’habitude, je ne sais pas ce que tu fais, mais tu cherches à  te défiler encore une fois »

Réfléchir, il faut que je prenne le temps de réfléchir, elle me tend un piège ou alors…… lundi, on est lundi, mais oui ! Bon sang, elle était chez sa sœur depuis samedi soir et elle est rentrée ce matin. Ma femme, que tout le monde appelle Madame Yoyo, est une fana d’internet, ce tas de câbles invisibles qui relient les ordinateurs du monde entre eux. Elle anime, avec sa sœur des discussions, elles appellent ça des forums, c’est d’ailleurs de là que lui vient le surnom de Yoyo. Elle ne peut presque pas s’en passer, alors quand son ordinateur est tombé en panne jeudi, elle a voulut passer le week-end chez sa sœur, histoire de profiter de son PC.

-« Hé Ho ! Si tu peux te réveiller un peu et me dire quelle orgie vous avez encore fait de grand matin au bureau »

-« Non, en fait je … je … »

-« Oui, bon, jeje, va prendre une douche et vient manger »

Ouf, sauvé par le gong, j’allais quand même pas lui dire que j’ai traîné 24 heures dans la rue pour voir comment c’était que la vie d’un SDF.

A table, ma femme technologique me raconte qu’elle a réussi à contacter des personnes sur internet qui étaient intéressées par les haut-parleurs de la salle à manger. Dit comme ça, c’est simple à comprendre, mais quand elle se lance dans la narration de ses exploits internetiques, j’ai souvent du mal à suivre. Elle m’aurait dit que des petits bons hommes verts avaient pris un contact du 1er type avec elle pour nous racheter nos enceintes, je l’aurai cru.

- « Sais-tu, que dans un blog, y a un type qui raconte comment il a testé la vie dans la rue, tu te rends compte, il a tellement peur de devenir SDF, qu’il vit actuellement dans la rue, pour se préparer ! »

- « Heu… un blog ? »

- « Oui, tu sais, je t’ai déjà dis ce que c’était, un blog, c’est quand tu as envie d’écrire à pleins de gens qui sont dans l’internet, tous ces gens, tu n’as pas leurs adresses postales ? »

- « Non… »

- « Et bien, comme tu ne connais pas leurs adresses, tu écris et c’est eux qui viennent lire ! »

- « Ah, ouais, bien sûr… »

- « Comme je te disais, le futur SDF, ma sœur et moi, on l’a lu, c’est fou ! »

- « Ah ben ouais, puisqu’il n’avait pas votre adresse, vous êtes parties le lire, ouais, ouais »

- « Nous lui avons même laissé des commentaires sur ses articles »

- « Pourquoi, c’est un journaliste ? »

- « J’en sais rien, on lui a juste écris que c’était bien »

- « Bien, c’est bien d’être SDF ?? »

- « Non ! Andouille ! C’est bien qu’il teste pour nous, tous les trucs SDF »

- « Ah, et il était où quand tu as quitté ta sœur ? »

- « Dans le tram, il rentrait chez lui »

Il y a quelque chose d’absurde, mais je ne sais pas quoi. Je soupçonne les frites martiennes, mais je ne suis sur de rien.
 
est-ce la fin ?, j'en sais rien...
Je vous rappelle que pour la facilité de la lecture, le texte complet se trouve
ici


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Dimanche 13 janvier 2008
- Publié dans : Quand je serai SDF - Communauté : Solidarités
Les jeunes SDF en France, ont un peu perdu de leur invisibilité, le temps d'une émission, le temps que le camerarmen les suit. La survie des invisibles est réelle, la menace, la violence, le vol, tous ces maux arrivent à les "voir". Leur invisibilité n'est présente que pour les gens dits normaux, ceux qui ont un logis. Leur invisibilité est une bonne chose pour nous, nous qui craignons juste que le gaz, le gasoil de chauffage n'augmente. Nous qui ne pensons pas un instant que cette paranormalité du SDF, cette capacité qu'il a d'être invisible, sera peut-être un jour notre caractéristique. Alors c'est vrai, le pouvoir d'achat diminue, mais eux ne l'ont plus ce pouvoir, ils ont juste cette faculté d'être invisibles, dont ils se passeraient bien. Alors quand vous raler sur votre pouvoir diminuant, dont votre Président n'as pas la décence de parler, penser à ceux qui n'ont même pas la télé, pour voir le Grand Nain gesticuler.
J'ai mis du temps pour me remettre du reportage, car rien nous y préparera, pensez-y

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Jeudi 3 janvier 2008
- Publié dans : Quand je serai SDF - Communauté : Solidarités
Les lois et reglements de toutes sortent qui existent dans un Etat de droit, devraient protéger le citoyen, dés qu'il s'agit de certaines personnes, ces mêmes règles deviennent celles d'un grand jeu, celui qui consiste à sortir des citoens de la zone de jeu, pour en faire des citoyens de seconde zone, pour terminer par en faire des Hommes sans terrain de vie.
Comment fabriquer un sans-papier ? Faites en pour commencer un SDF, expulsé-le de son logement.
Lisez cet article:


http://www.actu24.be/article/regions/provnamur/infosnam/expulse_pour_quelques_metres_carres/84382.aspx

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Jeudi 3 janvier 2008
- Publié dans : Quand je serai SDF - Communauté : Solidarités
… suite de «quand je serai SDF »…


- 
« j’comprends rien à ton histoire et j’comprends pas pourquoi tu veux me filer ton fric »
-  « Comme je vous l’ai expliqué, je… »
-  « Arrête, j’veux rien savoir, puisque t’as du fric, allons chez Monica, on mangera »

Mon mendiant de la Gare ne voulait rien entendre, ni mon histoire, ni qui j’étais, il était persuadé que j’étais un SDF, comme lui. Je décide de le suivre, j’avais faim.

Nous avons marché un petit quart d’heure et nous arrivons rue Haute, au numéro 118. En chemin, Jacques m’expliqua que Monica tenait une asbl « Nativitas », que dans sa Bicoque, elle y vendait des repas chauds, du café, des vêtements, on pouvaient y prendre une douche et même louer une serviette. J’ai d’abords répondu, que ce n’était pas ce qu’il y avait de plus honorable pour quelqu’un de vendre à des Sans-abri, mais Jacques m’a affirmé que c’était au contraire une très bonne idée de vendre, car il n’aimait pas trop qu’on lui donne.

Nous rentrons dans ce qu’on pourrait prendre pour une taverne, quelques tables, un comptoir au fond avec la cuisine.

- « Bonjour Jacquot, viens par ici ! »

Une dame, d’un age respectable nous accueille, nous fait asseoir à une table.

- « Bonjour Monica, on est les premiers »  « Je te présente un ami, il revient de Zaventem »

Monica se tourne vers moi
-  «Bonjour, t’es de Bruxelles ? »
-   «oui, de Uccle »
-   « Bien, bien, un petit café chacun et deux tartines, ça va Jacques ? »

Jacques fit signe que oui, je ne dis rien de plus mais Monica me fit signe et je m’approche d’elle.
-  « Tu peux prendre une douche si tu veux »
-  « Merci, mais je le ferai chez moi, je ne faisais qu’accompagner Jacques »
-   « Tu sais, ici y pas de honte ni de pitié, c’est d’ailleurs pour ça que je fais payer, mais c’est symbolique et si tu n’as pas de quoi régler, c’est pas grave »

Je lui montre mes pièces, toujours dans leur gobelet, et je me rends compte qu’en exhibant ce porte-monnaie, je m’enfonçais un peu plus dans le Sans-logisme. Un instant de silence s’installe, je retourne à table dévorer de la vraie nourriture, cela faisait si longtemps.

Il est à peu près 10h30 quand je sors de la Bicoque, le ventre bien rempli, j’y ai laissé mon compagnon d’un instant, j’y ai laissé une somme ridicule pour deux grands déjeuners. J’ai du mal à me remettre du mensonge que j’ai fait, mais est-ce le plus important ?

Cela fait plus de 24 heures maintenant que j’erre à travers la ville, je vais rentrer en tram gratuitement, j’ai laissé tout ce que j’avais à Jacques. Une fois chez moi, je dormirai, sans douche, trop crevé.

Dans le tram, un journal traîne, je le saisis, c’est la page des faits divers. Un titre : «A Washington, le roi des échecs est un SDF », l’article dit « …Il vit de son talent dans un square et dort sur les bancs publics », je me dis qu’il en avait de la chance de pouvoir dormir.

 

… à suivre, dés que je peux..


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Mercredi 26 décembre 2007
- Publié dans : Quand je serai SDF - Communauté : Fourre-tout * inclassable

… suite de «quand je serai SDF »…

6h00, je suis à nouveau Gare du Midi, j’en sors et je me dirige pour prendre un taxi, je rentre chez moi, Sans-abri c’est pas un job pour moi, le plus tard possible. 
-  « Bonjour, je vais à Uccle, rue … » j’avais pas ni fini de monter dans le taxi, ni terminer ma phrase que le chauffeur me réponds
-  « Eh, le clodo, tu pues, dégage de mon taxi ! J’suis pas l’abbé Pierre ! » Le cri m’a éjecté dehors, je reste un instant ébahi. Comment je pue ? La célèbre odeur de pipi qui règne autour de la gare a pénétrée dans son taxi et il a cru que c’était moi. Non mais ! Je lui crie à mon tour 
-  « Moi aussi je sens le pipi ! Et puis je sais bien que vous n’êtes pas Abbé et je ne m’appelle pas Pierre ! ». Quelle familiarité, je me dirige calmement vers un autre taxi, quand je vois le premier chauffeur sortir de son auto en me demandant de répéter ce que j’avais dis. La marche calme s’est transformée en sprint, car j’avais bien compris qu’il n’était pas malentendant, puisqu’il ne portait pas d’appareil auditif.

Je me réfugie à l’intérieur de la Gare, et c’est à ce moment que je ressens une chaleur, La Chaleur. Avec toutes ces sprints, je n’avais pas remarqué qu’il faisait froid dehors, un froid à geler un homme s’il restait une nuit dehors. C’était bon cette chaleur, et puis le parfum de café mélangé à … c’est quoi cette odeur… sans doute les effluves de l’extérieur… Je m’assieds un moment sur un banc, un peu, beaucoup fatigué.

Si j’avais su que je passerai une nuit pareil, j’aurai suivi le conseil du Ministre Smet, j’aurai pris une chambre au Hilton. J’ai entendu dire que le 17 octobre dernier, des SDF ont été logés au Hilton de Bruxelles, au frais de l’Etat, le ministre et une élue d’Anvers ont voulus ainsi montrer leur solidarité pour la journée mondiale de lutte contre la pauvreté, en leur offrant une nuit à l’hôtel et ……heuu…mais non, je me souviens maintenant, c’est pas ça ! C’est un Collectif de SDF qui se sont présentés à l’Hôtel Hilton, pour y passer une nuit et ils ont demandé d’envoyer la facture au ministre, qui quelques jours auparavant a affirmé que ce serait sans doute moins cher de loger les sans-abri dans un hôtel de luxe. Je ne me souviens plus si le groom les a accompagnés jusque dans leur chambre ou jusqu’au trottoir.

Bon, j’en ai marre de ce test grandeur nature, je vais rentrer chez moi. Je me lève de mon banc quand je remarque un gobelet de coca près de mes pieds, il est rempli de pièces ! Ca c’est quand même le comble, quand je fais la manche, personne ne me donne, et quand je m’assis quelques minutes pour réfléchir, je me retrouve avec un gobelet qui traînait là plein de pièces. Je le ramasse, bien décidé d’en faire profiter le premier mendiant que je croiserai.

Il ne m’a pas fallut longtemps, pour rencontrer mon homme, un visage souriant et qui marche vers les gens en disant : « pour manger, m’sieurs dames ! »

...à suivre


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Vendredi 14 décembre 2007
- Publié dans : Quand je serai SDF - Communauté : LA RUE BRIC A BRAC
Je tenais à faire des remarques à propos de mon entrainement "SDF". Celui-ci fait évidement référence à la ville où j'habite, mais également à l'actualité belge et bruxelloise. Je peux expliquer bien entendu ces références, mais le plus important reste que l'entrainement à devenir Sans-abri est certainement identique dans toutes les grandes villes. Le Sans-logisme est logiquement identique partout, comme ça si je déménage dans une autre ville de ce Monde, je serai prêt. 

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